LOYA : une réunion survoltée des continents



Un point commun entre l’Afrique, l’Inde, l’Europe, l’électro et le Maloya (musique-danse traditionnelle de la Réunion inscrite au patrimoine de l’UNESCO) ? Ne cherchez plus, il est juste sous votre nez et tient en quatre lettres, LOYA. Cet artiste électro originaire du département français voisin de Madagascar, vient de nous lâcher un deuxième LP, Indian Ocean, officiellement dans les bacs depuis aujourd’hui !

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Le français court dans l’écurie afro-électro française MAWIMBI. Un nouvel opus donc au nom évocateur et qui nous mène sans ambage vers la culture « afro-indienne » via des percussions à couper le souffle et des salves électroniques qui donnent le change. Ce mélange entre tradition et modernité résulte plus d’une recherche identitaire aux multiples sources, que d’un devoir de mémoire envers ses origines. Néanmoins, Sébastien Lejeune, sous le blase de LOYA, donne ainsi sa version d’une Afrique moderne comme d’autres artistes originaires du continent noir (exemple MHD et son afro-trap).

Si son premier essai, Éruption, est une merveille sonique née grâce au financement participatif, Indian Ocean confirme que Loya a trouvé son identité sonore. Et c’est de l’ordre du mystique tellement c’est bon ! La preuve par son single Malbar qui accélérera votre rythme cardiaque. Vous pourrez aussi ralentir la cadence avec la belle version remixée par Meteor.

À l’occasion de la sortie d’Indian Ocean, Monde De Poche a échangé avec LOYA pour en savoir plus sur sa musique. 

Votre nom est un choix clairement orienté vers vos origines réunionnaise et tamoule, qu’est-ce que représente le Maloya pour vous ? Est-ce pour vous un devoir de memoire de l’associer à votre musique ?

Le Maloya représente les battements de mon coeur, simplement une partie importante de mon identité. En tant qu’exilé, j’ai une identité complexe mais il me faut des fondations solides. De plus comme en métropole on me renvoie systématiquement vers mon île natale ça n’a fait que renforcer le choix de mon nom d’artiste. Mon travail est de faire une musique qui me ressemble à la fois avec des éléments traditionnels et une apparence moderne. Je ne souhaite pas faire de devoir de mémoire car je m’en sens pas les compétences pour ça.

En tant qu’exilé, j’ai une identité complexe mais il me faut des fondations solides. De plus comme en métropole on me renvoie systématiquement vers mon île natale ça n’a fait que renforcer le choix de mon nom d’artiste.

On assiste de mon point de vue à une réappropriation de musiques traditionnelles africaines, au-delà du phénomène de mode. Comment expliquer cela ?                

Je pense que les artistes africains veulent donner leur vision de la modernité à travers leur vécu et connaissances précises des traditions. Les cultures des pays du sud sont en grande mutation et représentent pour moi l’avenir. Dans un premier temps la culture, puis ça sera la politique et l’économie j’espère.

Je pense que les artistes africains veulent donner leur vision de la modernité à travers leur vécu et connaissances précises des traditions. Les cultures des pays du sud sont en grande mutation et représentent pour moi l’avenir.

Qu’est-ce qui vous a amené à combiner le Maloya et l’électro ? A-t-il fallu du temps avant que la sauce prenne ?

Pour moi ce fut un long chemin, la moitié de ma vie. J’ai commencé par faire de la musique électronique pure et dure pendant 10 ans, puis j’ai eu envie de faire connaitre les musiques de l’Océan Indien. Le meilleur moyen de le faire c’était pour moi de le faire de façon électronique, chose que je maîtrise maintenant beaucoup plus que les instruments traditionnels ! Il a fallu très peu de temps pour que la sauce prenne car je ne fais qu’une musique que je connais. Des musiques que j’ai entendues de mon enfance à ma majorité. C’es très facile de faire une musique qui nous ressemble, mais savoir « qui on est  » est un long chemin.

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Comment s’est déroulée la réalisation d’Indian Ocean, votre deuxième album solo ?

Comme d’habitude pour moi c’est un processus de création en solitaire. Ne pas réfléchir et juste composer.

Comment avez-vous connecté avec Mawimbi ?

J’ai rencontrer Mawimbi l’année dernière lorsque j’ai joué à la Réunion au festival les Electropicales. On s’est revu à Paris et les choses se sont passés naturellement. Ils ont surtout eu un coup de coeur pour la Réunion.

Un tout grand merci !