Michelle Blades : Trip Visitor



Bonjour à vous chers lecteurs. Ça fait un bail que MDP avait disparu de la surface des vos interfaces. On était terré quelque part hors-connexion. Une coupure sanitaire et salutaire face aux flux incessants de notifications musicales et autres. Aujourd’hui, on revient en force, l’oreille reposée et affûtée pour reprendre le taf là ou on l’avait laissé. Une des raisons est qu’on a été amené vers d’autres encablures numériques. En effet, je collabore avec le médias espagnol Wiriko depuis peu. Ce qui a quelque peu perturbé le plan de travail, si tant est qu’il n’y en ait jamais eu un. Bref, tout ce bullshit pour vous reparler de quelques artistes laissés en plan sur la route estivale. Il pleut à Bruxelles donc c’est une bonne occasion de ramener le soleil en invoquant la musique.

On commence les rétro-critiques avec Michelle Blades. Remontons donc la faille temporelle jusqu’au 29 mars, lorsque la musicienne sort son cinquième LP solo, Visitor, sur Midnight Special Records. Découverte à Berlin, au Pop Kultur Festival 2017, on avait buggé sur son énergie, étant la seule artiste à venir avec deux projets sur le festival (voir interview en espagnol). D’autant plus qu’elle a géré dans les deux.

Elle tourne à fond. Biches festival #4, crédit Lust4live.fr

Sur ce dernier album, Michelle réussit à aligner les planètes pop, punk et folk sur une même orbite, le tout enrobé d’une voie lactée bien psyché. Dès la cover, elle annonce un trip à la pop épileptique. De fait, on rentre dans l’album, comme on passerait un portique de sécu à la Stargate sans trop savoir où ça mène. Le passage se fait à coup de guitare distordue et roulements de batterie. On se sent comme un passager en retard, courant après un vol Air Visitor Panama-Panam (Paris).

On décolle vite avec Politic! qui nous met un gentil coup de pression. Aux commande, Michelle Blades nous impose un interrogatoire haletant. Why do you keep your secrets? Where do you hide them? Did you go to school for it? Pas le temps de cogité que dans le hublot une vue stromboscopique perturbe la vision (voir clip). On passe ensuite en vitesse de croisière avec Behind The Black. Voix lente et apaisante, disto et clavier organique nous transportent vers une nébuleuse inconnue. État contemplatif garanti. Le doux délire continue avec Ring qui révèle la force tranquille d’une pilote maîtrisant son appareil. On s’imagine au combiné d’un vieux fixe, se perdant dans la spirale du file, d’attendre… (Whaaaat?!). Sans ambage, on se retrouve dans une salle d’attente d’un Dr Psy qui alterne entre punk et folk en mode schyzo ! À partir de là, ça part en vrille dans une interminable et lente chute libre. Ça plane… (abstient-toi de citer qui on sait, ça ferait mauvais genre).

Les mélanges improbables que la musicienne nous offre entre folk, pop et punk prennent bien avec la sauce psicdodelia. En cela, elle confirme une belle créativité et une maturité (instrumentale et vocale) qui réconcilient. peut-être, l’artiste avec toutes ses influences culturelles. De Panama à Panam, en passant par les States, Michelle Blades arrive à tirer un bon parti de sa tambouille culturelle sur cet album. Pour faire partie du voyage, suivez le Visitor.