Musique Blundetto



Blundetto est un oiseaux rare dans la musique

La musique est à Blundetto, ce que la mafia est à Tony Soprano. Une affaire de famille ! Le producteur français, au blase tout droit sortie d’une des meilleurs série, le confirme encore avec son nouvel LP (6ème). Sa sortie est prévue ce jeudi 18 juin sur le label d’excellence, Heavenly Sweetness. Une plaque intitulée Good Good Things qui vient célébrer ses noces d’étain dans la création musicale. Un album qui vient ponctuer les dix ans de carrière de l’ancien programmateur de Nova, Max Guiguet. On y retrouve son style à la douceur inimitable, puisée dans les racines du roots reggae, du dub et de la soul. Que de bon augure.

Mais Blundetto se serait-il repenti de la musique ? La question mérite d’être posée. Ne fut-ce que pour le titre évocateur de son nouvel opus, faisant écho à son premier larcin musical, Bad Bad Things. Entré dans la mafia du son par la grande porte, Max a su pérenniser son talent sans se presser et en s’entourant des meilleurs. Une clique aussi diversifiée culturellement qu’éclectique musicalement (Europe, Amérique, Afrique). De la cheffe de clan bèrbere, Hindi Zahra en passant par le jeune brigante du reggae français, Biga Ranx. Pour cette mission spéciale, il a également rappelé des vieux couteaux de la première heure. Clément Petit qui strangule proprement les notes avec les cordes de sa contre-basse. Ou encore le funk latino d’un Chico Mann au riff toujours aussi tranchant. Finement orchestré par les soins du Frenchy, Good Good Things sonne comme de joyeuses retrouvailles où chacun sait ce qu’il a à faire.

À l’entame d’écoute, on part au Brésil avec une reprise de Meninha Mulher Da Pele Preta du fameux Jorge Ben. Une habitude chez l’artiste que l’on retrouve dans la plupart de ses albums. Tel le sublime Hercules (Warm My Soul), d’Aaron Neville, devenu classique de classique dans la disco de Blundetto. La voix haute d’une Hindi Zahra aux allures de prêtresse-chanteuse de bonne aventure nous fait léviter sur Feel The Cold et Fligh High. Un répertoire qui brasse large donc, comme en atteste le hiphopé Barcelona, ou encore l’irrésistible groove de Tengo Fe. Sunday In The Club, où le mellotron, ce clavecin moderne, tient la dragée haute, renvoie à une musique française d’une autre époque, histoire de marquer l’encrage. Perso, ce son évoque ce club de mélomanes du dimanche qui écoutent religieusement la musique comme ont irait à la messe.

La musique de Max semble se nourrir des conflits internes du cousin à Soprano. Un éternel indécis entre difficultés d’une vie rangée et tentations du retour au crime facile. On ne peux s’empêcher de revoir cette scène où T.S., entre la vie et la mort, s’apprête à passer l’arme à gauche. Devant les portes du paradis, ici une baraque de millionnaire, il est rejoint par son cousin T.B. (exécuté plus avant par ses soins) qui l’invite à se délester du poids de son fardeaux mafieux, contenu dans une mallette noir.

Blundetto est un oiseaux rare dans la musique. Après une décennie à écouler des mélodies de première qualité avec des collabs de ouf, il semble toujours vouloir nous (se?) soulager des dilemmes de la vie. Le producteur français célèbre avec brio dix ans d’orfèvrerie musicale. En résulte un son unique qui apaise l’âme. On ne peut donc qu’espérer le revoir dans dix ans pour savoir si il a trouvé sa balance ou nous la notre. Good Good Things nous met sur la voie…